La Lorraine: antiquités, chroniques, légendes (1839)

Discussion dans 'Livres' créé par Kriegspiel, 6 Mai 2015.

  1. Kriegspiel

    Kriegspiel Lorrain(e) occasionnel(le)

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    J'ai découvert l'existence ce livre de Leupol et E. de Mirecourt par hasard en recherchant des images relatives à la Lorraine sur
    https://www.flickr.com/photos/britishlibrary/tags/sysnum002149293
    Ce receuil est disponible sur la British Library
    http://access.bl.uk/item/pdf/lsidyv3ced5e85

    J'y ai lu "Les Fils de Gérard d'Alsace" dans la lignée les romans de chevalerie de Walter Scott mort 7 ans plus tôt et reste (malgrès de phrases un peu longues) tout aussi accrocheur par son introduction de Games of Throne. Le temps de chien lorrain, les friches et les loups des Vosges jouent le rôle du froid de canard du Nord, sa neige et des Marcheurs Blancs. Jugez-en plutôt:

    Au commencement de l'année 1079 ,par une nuit froide et pluvieuse, deux cavaliers s'avançaient lentement au travers des montagnes des Vosges. Ils se trouvaient alors dans un ravin profond coupé par des ruisseaux grossis qu'il fallait franchir, et bordé de sapins gigantesques ,dont les pâles rayons d'une lune d'automne ne pouvaient percer le sombre feuillage. Les hautes herbes et les bruyères embarrassaient la marche des chevaux qui poussaient des hennissements d'effroi, car les loups hurlaient de toutes parts, et les plaintes de la tempête se mêlant à leurs cris sauvages formaient un concert tellement lugubre que l'àme la plus intrépide devait en être ébranlée. Mais les voyageurs ne paraissaient pas accessibles à la crainte ; ils échangeaient des saillies et des propos joyeux au sujet de leur position critique à une pareille heure et fort loin peut-être de toute habitation, car ils croyaient s'être égarés dans la montagne.
    - Offmann, mon brave archer , demanda celui qui marchait en avant tout bardé de fer et le casque en tète, vois tu là-bas ,sur le sentier, ces yeux qui brillent dans l'ombre ?
    A cette question, l'autre voyageur, qui portait le costume des archers d'Allemagne et dont la robuste apparence semblait donner un démenti formel aux cheveux déjà grisonnants
    qui voulaient trahir son âge , profita de l'élargissement du sentier pour faire marcher son cheval de front avec celui de son compagnon de route.


    Cette ambiance me rappelle mes souvenirs de patrouille de nuit durant mon service militaire et donnerait presque envie de traverser au clair de lune et sous la pluie la forêt vosgienne.

    SPOILER:

    Quand à l'histoire, il s'agit de la rivalité entre http://fr.wikipedia.org/wiki/Thierry_II_de_Lorraine et
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Gérard_Ier_de_Vaudémont pour s'assoir sur le trône de fer, pardon de http://fr.wikipedia.org/wiki/Gérard_d'Alsace

    Dommage que le texte soit si court. On aurait pu avoir un développement façon "Arn, Chevalier du Temple" au bien encore jouer avec Offman/Gérard/Humbert un retour façon Robin/Richard/Jean.

    D'autre part l'auteur évoque (sans la choisir) la thèse d'un départ de Gérard aux côté Godefroid de Bouillon pour échapper à l'excommunication, ce qui fait un léger anachronisme car captivité et mariage de Gérard si situe aux allentour de 1080 alors que la 1ere Croisade (1096-99) correspond à son absence des affaires entre 1097 et 1101.

    Ici on a un dénouement accéléré façon conte de fée dans lequel la scène du siège du château d'Epinal flirte avec le fantastique.

    La fuite de l'Abaye-fortifiée de Moyenmoutier elle aussi pourrait être racontée avec une ambiance "Underworld: Origins" et les rumeurs sur interprétant la légende du héron explicitée.

    Peut-être qu'un G. R. R. Martin se mettra à la tâche.
     
    Dernière édition: 6 Mai 2015

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