La ligue

Discussion dans 'Histoire Lorraine' créé par Bénédict, 30 Août 2017.

  1. Bénédict

    Bénédict Lorrain(e) occasionnel(le)

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    Une chose qui m'a intriguée, je n'ai pas de réponse, mais en temps et lieux, je n'ai pas posé de questions.
    Pour un enfant, bien formaté je pense, cela allait de soi, c'était l'ordre immuable et éternel du monde, comme le passage du facteur, la distribution du périodique catho dans le village, les courses pour le petit gris ou le bleu au café restaurant hôtel de la Dicke Marie,pour mon grand père, vétéran de la grande guerre,...
    mais un truc que je n'ai jamais compris.
    La Ligue.
    avec le recul, mais je n'ai pas cherché, j'opte pour "La ligue des Dames Patronnesses de l'Eglise"
    Je pense avoir tout faux, avec un peu de réflexion.
    Bien sûr, elles balayaient l'église le vendredi, changeaient l'eau des vases, pour les bénitier c'était monsieur l’abbé, en fait je n'ai jamais connu son grade dans la hiérarchie céleste, mais vu le bedon, pas celui de la cloche, il était bien positionné.
    Pour les fleurs, cachotteries et Jarnac, j' échange un bouquet pour un autre, ma cousine me l'a demandé, à savoir qui finira au pied de l'autel ou de Marie, Nicolas, de l'autre côté n'aura droit qu'aux rebuts fanés.
    Ce n'est pas sa saison.
    Guerre de chignons, pas tellement, une vague politique, genre Don Camillo, on en rit, mais elle était bien présente dans nos villages.
    pensez aux attitudes, aux commentaires méchants, acerbes, acides envers ceux et surtout celles qui ne rentraient pas dans la chasuble.
    Plus tard, dans une valise de carton bouilli, j'ai trouvé une soutane, un peu élimée, une ceinture, le béret, trop usé, je l'ai remplacé par un des miens, lustré au vent et au soleil, feutré à la pluie.
    Et j'en ai fait un spectacle burlesque
    L'horreur dans ma famille, et j'en suis bien, les avatars du cinquantième degré, rien à faire, des enterrements parfois, je viens et m'en vais, ma pierre posée.

    Mais vous, entourés de préjugés, de croyances, de fantômes, quel est votre avis, comment survivre à cette coulée de boue bien pensante?
    Comment situer notre vision ,je l'espère objective, à ce flot de clichés, enfoncés dès l'enfance, pour enfin nous reconstruire dans une histoire vraie, sortie des hallucinations et autres préjugés ?

    Pour dire que notre amoureux est Stan, Mourad, Romain ou Sergeïv,
    que la femme de notre vie est Véronique, Zohra, Alice ou Tzipora,
    ou on mélange tout cela.

    La question,
    dans les années qui ont construit notre identité, qu'avons nous retenu, de quoi sommes nous esclaves.
    Et vous?
     
  2. Mamagreen

    Mamagreen Lorrain(e) discret(e)

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    Je n'ai rien compris, m'dame !
     
  3. Kriegspiel

    Kriegspiel Lorrain(e) occasionnel(le)

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    C'est une prose sur les "ligueuses", catholiques pratiquantes très impliquées dans la vie des paroisses et donc la culture du terroir qui se rassembl(eai)ent en formation +/- officielles et formelles
    "Quant aux mesures anticléricales de la Troisième République, elles suscitent une petite fronde féminine qui transforme rapidement de paisibles dames patronnesses, ou dames d'œuvres, en « ligueuses » déterminées, créatrices des premiers mouvements à vocation massive du catholicisme français. Filles, femmes et mères de l'aristocratie ou grandes bourgeoises, elles disposent par leur fortune et par leurs relations d'une réelle autonomie vis-à-vis d'un clergé qu'elles poussent, sans ménagement parfois, à plus de vigueur dans la défense religieuse. Ainsi voient le jour, en réaction immédiate à l'offensive du Bloc des gauches, la Ligue des femmes françaises, nettement marquée à droite (1901), puis la Ligue patriotique des Françaises plus modérée (1902). Ces mouvements, auxquels le catholicisme français doit pour partie un précoce sursaut dès avant la guerre de 1914, ont heureusement retenu l'attention de jeunes historiennes des femmes depuis quelque temps déjà"
    Femmes et catholicisme dans la France contemporaine
    Étienne FOUILLOUX
    https://clio.revues.org/498


    Je dirais que là où l'identité grecque se formaient au travers de l'étude de l'Illiade (éducation avant Platon), la mienne s'est fait à travers la mythologie "moderne" des séries TV et dessinée.
    Certaines étaient d'ailleurs faites pour cela:
    Thierry la Fronde par exemple, c'était une façon pour l'ORTF gaulliste de glorifier la Résistance des années 40 en la transposant dans un univers médiéval.
    De Spider-man (dont la transformation est la métaphore de la puberté) je retiens la devise
    "Un grand pouvoir implique de grandes responsabilités."
    (même les plus humble ont un pouvoir dont souvent ils ne se rendent pas compte, par exemple sur leurs enfants qui les prennent en exemple, en oubliant ainsi leur responsabilité)
    Des nekketsu shōnen je retiens surtout la progression du héros par l'entrainement ou l'étude et son humilité à reconnaitre son besoin de trouver un instructeur ou constituer une équipe solidaire quand les épreuves deviennent trop difficiles plus que les pouvoirs improbables et exploits pyrotechniques.

    Lorsque les héros ont leur crépuscule (lire l'excellent Dark Knight Return) ils nous rappellent que nous aussi subissont les ravages du temps, que nous ne sommes que de passage mais avons chacun un rôle à jouer à notre échelle et qu'il faudra trouver/former/élever nos successeurs/héritiers..


    De bien des choses, notre santé, nos limites physiques et intellectuelles (à que les études seraient simple avec une mémoire parfaite) nos envies (combien n'arrivent pas à stopper la cigarette), notre hésitation entre notre désir maintenir nos acquis, le monde de notre enfance, nos aïeux et la nécessité de ne pas rater l'évolution du reste du monde.






     
    Dernière édition: 12 Septembre 2017
  4. Bénédict

    Bénédict Lorrain(e) occasionnel(le)

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    Je souhaitais amener une réaction , ou simplement pouvoir me dire que cette atmosphère trouble "DonCamillonesque" est juste ma vision bien partiale du microcosme de ma jeunesse.
    Savoir, que cela arrivait ailleurs, en fait, je n'avais aucune idée à propos de l'introduction de cette thématique, elle est floue, ancrée, si habituelle que pour la plupart, elle est lisse, ne pose aucune question, va de soi, profondément inscrite dans notre inconscient, dans nos tous les jours.
    Fondamentalement , elle est, rétrograde, raciste, eugéniste, suprématiste,
    jeune, on croit ce que les parents, vieux ,disent, ne parle pas aux "colonnistes", ceux de la cité HBL proche, italiens, yougos, portugais, et surtout pas aux arabes. Les polonais, c'est vieux, accepté.
    Parfois je pense à ce qui se passe près du Jourdain.
    Le poison du racisme crétin était bien présent.
    La notion de peuple élu et dominant aussi.
    Bien entendu, Yes, j'en fais partie, et toute ma famille,
    Pour apporter un peu de lumière, mon grand père, porion, il a toujours soutenu ses frères du fond, "dans le noir, tu ne vois plus la couleur de celui qui te sauve"
    Envie de savoir si une telle ambiance a pu ou su imposer une marque dans votre identité.
    Retour à la question, je suis Lorrain, mais que cela signifie t il?
    Et vous, les interdits familiaux, les rejets de la différence, le racisme à la petite semaine, les avez vous connus, qu'en reste t'il, sentiment de malaise, reconnaissance de l'autre, transgression culturelle...?
    Cela aussi nous structure et nous ancre dans le monde, pas seulement le notre, il est à tous.
     

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